Nouveau voyage autour du monde. Avec une description de l’Empire de la Chine beaucoup plus ample & plus circonstanciée où il est traité des mœurs, religions, politiques, éducation & commerce des peuples de cet empire.
A Amsterdam, chez P. Mortier,1730-1731. Trois tomes en un volume in-8, [3] f., 314 p., [5] f. ; [6] f., 227 p. ; [1] f., 192 p., [1] f., vélin ivoire pastiche, dos à nerfs, pièce de titre maroquin brun, tranches jaspées (mouillures aux 3 premiers f. puis sporadique en marge, rousseurs), manque le frontispice.
Sous la forme d’une correspondance vivante, Le Gentil de La Barbinais livre le récit de son extraordinaire tour du monde — le premier jamais entrepris par un navigateur français. Parti du petit port de Cancale en août 1714 à bord d’un navire marchand en route pour le Chili, il connaît dès son arrivée à Lima les aléas du commerce maritime, contraint de céder ses cargaisons à moitié prix. Loin de se décourager, il prend en mars 1716 la mer vers la Chine, terre de richesses et de mystères. Là, il rencontre le père Laureati, jésuite italien et mandarin apostolique, qui lui ouvre les portes de la civilisation chinoise. Curieux et intrépide, il s’enferme même dans un monastère de bonzes, recueillant de passionnants entretiens qu’il consigne avec précision dans son récit. En 1717, il poursuit sa route vers l’île Bourbon (La Réunion), puis fait escale au Brésil avant de regagner l’Europe. S’il ne revient pas avec la fortune espérée, son aventure demeure l’un des témoignages les plus saisissants de la curiosité et de l’audace françaises au début du XVIIIᵉ siècle.